Le petit guide du pigiste crevard – partie 3.1

Etre un bon pigiste crevard ce n’est pas seulement trouver des idées de papiers originales et de les rendre à l’heure. Il s’agit aussi de maintenir un niveau de vie convenable en jonglant avec les indemnités chômage appelées aussi Assedic.

Rémi, premier punk-à-chien, accompagné de ses fidèles amis Kéta et Skunk (source : http://desencyclopedie.wikia.com/wiki/Punk_%C3%A0_chien)

Et oui, comme Ricardo, le sympathique artiste de rue qui ne gagne sa vie que pendant la période des festivals, vous pouvez dépendre de cette fabuleuse institution qu’est pôle emploi. Bien entendu pour ça il faut prouver que vous avez suffisamment bossé afin de prétendre aux « aides de retour à l’emploi ». Si vous sortez de l’école sans jamais avoir travaillé plus de 6 mois dans une boîte, vous pouvez passer votre chemin. Mais ceux qui sont en apprentissage ou en alternance pourront trouver quelques conseils pratiques dans cet article.

Première étape : l’inscription !
Ça y est le moment que vous attendez tant est arrivé ! vous êtes ENFIN au chômage. Ne vous lamentez pas, il s’agit d’un passage obligé pour beaucoup de journalistes. Vous allez donc vous inscrire à l’agence pôle emploi la plus proche et demandez gaiement vos indemnités chômage. A ce moment il faut savoir que Paupaul (le petit surnom de Pôle Emploi) ne va avoir qu’un seul but : vous dégager au plus vite des listes de demandeurs d’emploi pour diminuer ses vilaines statistiques et faire plaisir au gouvernement. Pour cela, Paupaul doit vous propose des supers jobs qui sont censés correspondre à vos choix. Le problème c’est que ça n’arrive jamais (on revient dessus plus tard). Bref, pour éviter de recevoir vos trois offres d’emploi bidons et de vous faire radier en moins de deux mois vous devez la jouer fine. Si vous écrivez dans la case « emploi recherché » le simple mot « rédacteur » ou « journaliste », vous allez recevoir des tonnes d’annonces sympas comme « rédacteur spécialisé dans la presse agricole avec une vraie passion pour les tracteurs » ou encore « journaliste qui a de bonnes notions en secrétariat et comptabilité » (véridique).
Quand on vous demande le job que vous recherchez, soyez précis et créatif. N’hésitez pas à décrire le job de vos rêves: Il doit s’agir d’un CDI (HAHA) dans un grand groupe de presse qui vous paye au moins 2000 euros net par mois (HAHAHAHA) et bien sûr il s’agit de journalisme politique ou de chroniqueur culturel, sinon rien (HAHAHAHAHAHAHAHAHAHA). Voilà, à priori, il y peu de chances qu’on vous propose un truc pareil.

Deuxième étape : Faites semblant de chercher du travail avec Pôle emploi
Dans le langage administratif, le taf de journaliste fait partie d’un « réseau caché ». Ouais je sais, dit comme ça, ça peut sembler cool, on a l’impression d’appartenir à une espèce de guilde des voleurs ou de résistants. Mais en fait ça signifie juste que les agents du Pôle Emploi ne comprennent pas comment ça se passe dans ce milieu. Il faut savoir que la plupart des annonces qui arrivent chez eux sont au choix :
– bidons (on embauche des gens que l’on connaît et on poste une fausse annonce pour être raccord avec la loi)
– des CDD de courte durée dans des boîtes où le turn over est si important que l’on imagine qu’ils donnent les pigistes en pâture à un géant enfermé dans une cave. Sans blague, c’est toujours les mêmes boîtes qui postent tous les deux mois la même annonce (Futura science au hasard).
– des jobs qui n’ont rien à voir avec le travail de journaliste (genre webmaster et ou rédacteur dans une boîte de communication)
– des jobs de journalistes dans la presse pro (bon là je dis rien, la presse pro fournit pas mal de travail, même si ce n’est pas toujours passionnant).

Bref, si vous voulez écrire des grands reportages ou des analyses politiques, n’attendez pas que le pôle emploi vous le propose. Mais quoi qu’il arrive, dites oui à tous les stages, cessions de formation et autres inscriptions sur liste de petites annonces que l’on vous propose. Il faut toujours montrer que l’on est de bonne volonté avec le Pôle Emploi car c’est le meilleur moyen de ne pas faire de vague et de se faire dégager.


Troisième étape : GIVE ME MY FUCKING MONEY  !

Monsieur white te demande ou est passé son argent, tu ferais mieux de lui répondre ou il va t’exploser la gueule à coup de cristal magique.

C’est bien sûr l’étape la plus importante, celle pour laquelle on s’inscrit au Pôle Emploi, j’ai nommé, les sacro-saintes indemnisations. Bon franchement je vais pas rentrer dans le détail d’autant que Pôle Emploi explique ça très bien en novlangue sur son site. Dites vous simplement que vous allez toucher une somme calculée sur vos précédentes fiches de paye et ce pendant un maximum de deux ans. De quoi vous permettre de payer votre loyer les mois où l’ensemble des rédacteurs en chef avec qui vous bossez ont décidé de prendre leurs vacances. Chaque mois vous touchez votre indemnité, donc, mais le but n’est pas d’attendre gentiment la thune tomber sur votre compte. Au contraire, il faut partir au travail (c’est une image, personnellement, je bosse dans ma chambre) et faire en sorte de compenser vos indemnités par des vraies piges. En effet, chaque fois que vous gagnez de l’argent vous allez le déclarer à Paupaul. Par un savant calcul, ce dernier vous retire ce que vous avez gagné de la somme qu’il vous doit et reporte le tout au mois prochain. C’est un cercle totalement vertueux puisque plus vous gagnez de piges, plus vos indemnités sont repoussées. Bien sûr vos assedics ne peuvent pas être repoussés ad vitam mais seulement sur une période de 15 mois. Mais même si vous atteignez cette limite et que vous avez encore besoin d’un filet de sécurité, vous pouvez toujours redemander des assedics sur les piges que vous avez gagné entre temps et sur lesquelles vous avez cotisé. Voilà pourquoi la vie administrative d’un pigiste ressemble à celle d’un sympathique intermittent du spectacle et que tout votre entourage vous déteste cordialement en vous traitant de « parasite ».

Dans la seconde partie de ce post on parlera de l’attitude à adopter devant votre conseillère pôle Emploi dépressive.

A propos David-Julien Rahmil

Infiltré dans le milieu du journalisme, je vous ouvre mon coeur et entreprend une exploration de cette profession tellement magique.
Cet article, publié dans Uncategorized, est tagué , , , . Ajoutez ce permalien à vos favoris.

2 commentaires pour Le petit guide du pigiste crevard – partie 3.1

  1. floflorence78 dit :

    Pas simple tout les jours, au passage très bon gif animée de « walter.W » ^^

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s